A+A- A



- Météo -
vigilances
& alertes
en cours

- Crues -
vigilances
& alertes
en cours
Voir si je suis en zone inondable
Suis-je concerné par un PPRI
Galerie Multimédia

- Enquête -
Pluies & Inondations

Comprendre le phénomène inondation

sommaire :

Le bassin versant

Définition 

Un bassin versant est une aire géographique d’alimentation en eau. Il s’agit du point le plus en aval du réseau hydrographique (cours d’eau principal et des affluents), par lequel passent toutes les eaux de ruissellement drainées par le basin versant.  

Voir l'animation du bassin versant

Le département du Gard compte 8 bassins versants :

  •  Le Vistre
  •  Le Vidourle
  •  La Cèze
  •  La Camargue gardoise
  •  Le Rhône
  •  L’Ardèche
  •  Les Gardons
  •  L’Hérault
  •  La Dourbie-Tarn amont

Télécharger la carte des bassins versant au format pdf
 

Les paramètres qui le caractérisent

La surface du bassin se mesure en hectare ou en km², ex : le bassin versant du Gardon à Alès : 315 km².

La longueur se mesure en mètres ou en kilomètres, ex :  Le Gardon à Alès : 49 km.

La pente se mesure en pourcentage, ex : Le Gardon à Alès : 1.89 % et au Pont du Gard 0.84 %.
Une pente forte est 0.5 et 1% et une pente faible est comprise entre 0.01 et 0,5 %

Le temps de concentration, c’est le temps que met une goutte d’eau à parcourir la longueur du bassin. Il s’agit du temps minimum que doit durer une pluie pour que l’ensemble du bassin réagisse. Il s’exprime en heure

Le coefficient de ruissellement s’exprime en %. Il définit la partie de la pluie qui va ruisseler et rejoindre le réseau hydrographique. Il dépend de :

  •  La nature des sols (perméable/imperméable)
  •  La couverture des sols (forêt, culture, zone urbaine)
  •  La pente de versants
  •  La saturation des sols
  •  L’intensité de la pluie
  •  La densité du réseau de drainage

 

Le réseau hydrographique

Le réseau hydrographique est formé d’un cours d’eau principal et de ses affluents. Les caractéristiques physiques d’un cours d’eau sont sa pente, la géométrie de son lit mineur et majeur et sa rugosité (caractérise la résistance à l’écoulement qu’opposent les parois d’un cours d’eau en fonction de sa structure physique).

On distingue le lit mineur où s’écoule les eaux ordinaires ; Le lit moyen qui (sous les climats méditerranéens) correspond aux surfaces submergées bordant la rivière pour des crues moyennes  (période de retour de 1 à 20 ans) ;  Le champ majeur (ou Zone d’Expansion de Crue) où s’épandent les eaux en cas de débordement et dont la limite correspond à celle des crues exceptionnelles. Il correspond donc à la zone inondable maximale (souvent appelée enveloppe hydrogéomorphologique).  

Voir l'animation du réseau hydrographique

 

La rivière

La rivière ne transporte pas que de l’eau. Elle transporte également des graviers, du sable, des galets…

Tous les cours d’eau doivent adapter leur morphologie (largeur, profondeur, pente du lit, sinuosité…) pour assurer le transit optimal des substances liquides et solides. Il s’agit d’un ajustement permanent.

Si les conditions d’apport en matériaux sont modifiées (boisement, modification de la pente du fond du lit due à un curage ou un seuil, création de barrage…) ou bien si des extractions de granulats sont réalisées dans le lit sans réflexion préalable (extraction supérieure à ce que la rivière transporte naturellement), il y a alors un déséquilibre entrainant l’érosion (ou incision) du lit et des berges.

L’espace de mobilité ou de liberté d’un cours d’eau correspond à l’espace où se déplace le lit du cours d’eau charriant ainsi les graviers, les sédiments… Ces espaces sont à protéger, voire restaurer pour améliorer l’équilibre global de la rivière et freiner la dynamique des cures. Cet espace intègre également les chenaux ou bras secondaires qui se créent en cas de fortes crues.  

Voir l'animation du transport des matériaux dans les cours d'eau

 

Les différents types d’inondation

Ainsi pour qu’il y ait une inondation il est nécessaire de conjuguer la présence d’un aléa (débordement de cours d’eau et/ou ruissellement diffus et/ou submersion marine) et d’un enjeu (habitation, entreprise..).  

Voir l'animation typologie des crues

Il existe 4 types d’inondation :

L'inondation à montée lente

Les inondations de plaine se produisent lorsque la rivière sort lentement de son lit mineur et inonde la plaine pendant une période relativement longue. La rivière occupe ensuite son lit moyen et éventuellement son lit majeur.

Illustration gardoise : Inondation de plaine sur le Rhône en 2003. Avertissement des populations possible suffisamment en amont de la crue (1 à plusieurs jours) ; Risque économique considérable du fait notamment de la durée de la submersion pouvant dépasser plusieurs jours voire semaines, risque humain parfois grave.

Après une ou plusieurs années pluvieuses, il arrive que la nappe (masse d’eau contenue dans le sol) affleure le terrain et qu’une inondation spontanée se produise. On parle alors d’inondation par remontée de nappe phréatique.  Ce phénomène concerne les terrains bas ou mal drainés. Sa dynamique lente perdure plusieurs semaines.

L’inondation à montée rapide

Lorsque des précipitations intenses, telles des averses violentes, tombent sur tout un bassin versant, les eaux de ruissellement se concentrent rapidement dans le cours d’eau engendrant des crues rapides (torrentielles sur les cours d’eau à fortes pentes > à 6 %), brutales (rapides) et violentes (vitesse et charriage de matériaux). Généralement le temps de concentration est inférieur à 12h ce qui rend parfois difficile l’information de la population.

Le cours d’eau transporte de grandes quantités de sédiments et de flottants (bois morts…) ce qui se traduit par une forte érosion du lit et un dépôt de matières transportées. Ces dernières peuvent former des barrages, appelés embâcles, qui s’ils viennent à céder, libèrent une vague pouvant être très dangereuse voire mortelle.

Illustration gardoise : Inondation à montée rapide sur les Gardons et le Vidourle en 2002

Temps de concentration inférieur à 12h ; avertissement des populations possible mais délicat.
Ceci nécessite une bonne approche hydro météo pour permettre une anticipation suffisante ;
risques humains et économiques graves.

 

L’inondation par ruissellement pluvial (diffus)

L’imperméabilisation du sol due aux aménagements (bâtiments, routes, parkings…) limitent l’infiltration des précipitations dans le sol et accentuent le ruissellement. Ceci occasionne souvent la saturation et le refoulement du réseau d’assainissement des eaux pluviales. Il en résulte des écoulements plus ou moins importants et souvent rapides dans les rues. Lorsque ce dernier se produit en milieu urbain on appelle cela le ruissellement urbain.

Par ailleurs, il existe un type de ruissellement que l’on pourrait qualifier de « ruissellement pluvial organisé » dans des talwegs ou cadereaux

 

Il s’agit ici d’un phénomène fréquent dans le Gard où à l’issue de fortes précipitations sur des petits bassins versants, les talwegs ou cadereaux sont à sec, se gorgent vite et quittent rapidement leur lit avec une vitesse importantes. 

Illustration gardoise : Inondation par ruissellement à Nîmes en 1988 Formées sur un petit bassin versant de 10 km² ; localisées en ville ou sa périphérie et provoquant la saturation du réseau d’assainissement ; avertissement des populations très difficile voire impossible selon la nature de l’évènement météorologique ; risque humains et économiques considérables (nombreux facteurs aggravants).


L’inondation par submersion marine

Cela désigne une inondation temporaire de la zone côtière par la mer dans des conditions météorologiques extrêmes, pouvant cumuler dépression atmosphérique, vent violent, forte houle, associés aux phénomènes marégraphiques provoquant une élévation du niveau moyen de la mer, aggravés lorsque ces phénomènes se conjuguent à l’occasion d’une tempête.

 

 



 

La genèse des crues

Une crue correspond à l’augmentation de la quantité d’eau qui s’écoule dans la rivière. Elle peut concerner l’ensemble du lit majeur selon le type d’événement pluvieux. A savoir qu’une crue n’entraîne pas systématiquement un phénomène d’inondation.  

Les facteurs influençant les crues

Les facteurs naturels ont une importance primordiale lors d’une crue. La quantité, la répartition spatiale et temporelle des pluies par rapport au bassin versant sont des facteurs déterminants. A cela s’ajoute la nature et l’occupation du sol qui influence le temps de concentration des eaux et la topographie du lit (pente et forme du lit).

Les facteurs anthropiques (c'est-à-dire non naturels, réalisés par l’Homme) constituent des éléments aggravants qui ont un  rôle fondamental dans la formation et l’augmentation des débits des cours d’eau :  la suppression des champs d’expansion par l’urbanisation notamment, les aménagements parfois hasardeux (suppression de méandres, endiguement…) accélèrent la crue en aval et altèrent le milieu naturel ; les digues et déversoirs mal entretenus exposent davantage au danger d’une rupture ; l’occupation du sol sur les pentes du bassin versant ( déboisement, pratiques agricoles) peuvent empêcher la pénétration des eaux dans le sol et favoriser ainsi une augmentation du ruissellement.   
Voir l'animation sur les travaux aggravants

 

La période de retour de crues

Qu’est ce que la période de retour de crues? Il s’agit d’une probabilité de réalisation du phénomène ou de son dépassement. Généralement elle est classée ainsi :

  •  Crue fréquente : dont la période de retour est comprise entre un et deux ans ;
  •  Crue moyenne : dont la période de retour est comprise entre 10 été 20 ans ;
  •  Crue exceptionnelle : dont la période de retour est de l’ordre de 100 ans ;
  •  Crue maximale vraisemblable : qui occupe l’intégralité du lit majeur et dont la période de retour est proche du millénale

Cependant, depuis la Directive Cadre Inondation, la caractérisation des crues varie : ainsi la crue centennale devient une crue moyenne.

 

Le risque

C’est le croisement de l’aléa et des enjeux présents qui sont plus ou moins vulnérables c'est-à-dire sensible à l’aléa.

 

Voir l'animation sur la notion du risque

L’aléa

C’est la manifestation d’un phénomène naturel d’occurrence et d’intensité donnée. C’est aussi les caractéristiques physiques de l’inondation (emprise de la zone inondable, hauteur, vitesse, durée de submersion, type de montée des eaux…) et la fréquence.

Pour déterminer l’aléa, il existe 3 méthodologies d’approches à combiner selon les enjeux présents. En tout état de cause les 2 premières approches sont indispensables :

  •  L’approche historique (cartes anciennes, mémoire collective, plus hautes eaux, repères de crue…)
  •  L’approche hydro géomorphologique consiste en une analyse naturaliste du territoire par photo interprétation, cartographie, visite de terrain. Cela donne une enveloppe inondable mais ne permet pas d’avoir des hauteurs et vitesse. On sait juste qu’il y a eu de l’eau dans le passé.
  • Les études hydrologiques et hydrauliques permettent de construire un modèle mathématique informatisé qui reproduit finement les conditions d’écoulement théorique. Cela permet ici d’obtenir des hauteurs d’eau et éventuellement des vitesses.

Pour qualifier l’aléa inondation d’un territoire, plusieurs paramètres doivent être pris en compte :

  • La période de retour de crue : l’aléa de référence servant de base à l’élaboration des documents réglementaires correspond à l’événement centennal ou au plus fort événement connu, s’il présente une fréquence supérieure à cent ans.
    Pour le Gard les plus forts événements connus sont :
      -  Rhône en 1856
      -  Vistre en 1988 et 2005
      -  Vidourle, Cèze et Gardons en 2002
  • La hauteur, la vitesse et  la durée de la submersion : elles peuvent avoir un impact important sur le bâti. La structure porteuse de l’habitation peut être endommagée et les sols et murs gorgés d’eau. Lorsque la durée de submersion est importante (supérieure à 24h voire 48h), des problèmes sanitaires peuvent survenir, l’eau étant sales. Pour l’Homme on considère généralement que des hauteurs d’eau supérieures à 50 cm associées à une vitesse de 1.8 km/h sont dangereuses car empêche les déplacements. Par ailleurs, une voiture commence à flotter à partir de 30 cm.  La vitesse d’écoulement, très délicate à appréhender,  est conditionnée par la pente du lit et sa rugosité. Elle peut atteindre plusieurs mètres par seconde. La dangerosité de l’écoulement dépend du couple hauteur/vitesse.

Illustration gardoise : crue et décrue du Vidourle en moins de 12h, Sommières en 2002 a été inondé jusqu’au premier étage des logements, le gardon au Pont du Gard en 2002 à « grossi » de 12m en moins de 12h

                                                              La vitesse du courant

 

Faible

Moyenne

Forte = dangereuse

 Vitesse
en m/s

0.20

0.25

0.5

1

1.25

1.5

 Vitesse
en Km/h

0.72

0.9

1.8

3.6

4.5

5.4

 A partir de cette valeur, on considère la vitesse du courant dangereuse pour l’homme

Inclure dessin vitesse courant à inclure (voir panneau exposition)

Dans le contexte de la région Languedoc-Roussillon, il a été décidé de s’appuyer sur la notion de crue rapide (crue semi rapide et crue torrentielle) et de crue lente qui correspond à la vitesse de montée des eaux.

  Crue rapide

 - Se produit sur des surfaces inférieures à 5 000 km²

 - Durée 6 à 36h

 - Temps de concentration de moins de 12h pour les bassins de 1000 km²

 Crue torrentielle

 - Vitesse de montée des eaux rapide

 - Vitesse d’écoulement forte ou indéterminée

 Crue semi-rapide

 - Vitesse de montée des eaux rapide

 - Vitesse d’écoulement inférieure à 0.5 m/s

 Crue lente

 - Plusieurs jours

 - Due à des pluies longues mais peu intense

 - Générée par un bassin versant de plus de 5 000 km²


Illustration locale : Qualification régional de l’aléa

 

Crue lente

Crue semi rapide

Crue torrentielle

Hauteur d’eau

H < 0.5 m

Modéré

Modéré

Modéré(en fonction des vitesses) - Fort

Hauteur d’eau

0.5 m < H < 1 m

Modéré

Fort

Fort

Hauteur d’eau

H> 1 m

Fort

Fort

Fort

 

Crue du Rhône

Crues département du Gard

 

Les enjeux

Ce sont les personnes et les biens susceptibles d’être affectés par une inondation. Depuis la Directive Cadre Européenne de 2007, les enjeux sont étendus à l’environnement, la santé humaine, au patrimoine culturel et à l’activité économique. 

La vulnérabilité

Elle exprime et mesure le niveau de conséquences prévisibles de l’aléa sur les enjeux.

Les effets d’une inondation peuvent concerner non seulement les enjeux situés en zone inondable mais également affecter indirectement des biens ou des activités en dehors du champ d’inondation (du fait notamment de la coupure de réseaux, des routes, de l’électricité…).

La vulnérabilité de la population, outre sa fragilité intrinsèque (personne âgée, à mobilité réduite, enfants…) est liée en particulier à sa localisation en zone inondable et au délai d’alerte et d’évacuation souvent très court dans notre département du fait des crues rapides.

Réduire sa vulnérabilité impose d’appréhender les dommages non seulement dans leur ensemble, dommages directes (immédiats) et indirects (perte d’exploitation pour une entreprise, chômage technique, traumatisme psychique pour les personnes…) mais aussi à l’échelle d’un territoire (au-delà de la zone inondable).  

Voir l'animation sur la vulnérabilité

haut de page

Infos : préfécture Espace : documentation Liens : utiles