A+A- A

Protéger

La politique de protection des biens et des personnes par la réduction de l’aléa s’articule essentiellement sur les points suivants :

Privilégier la rétention, l’expansion des eaux et la réduction des vitesses.

 

La préservation des zones d’expansion de crue, voire leur restauration, est essentielle pour éviter une aggravation des crues à l’aval, sans parler de leur importance dans le maintien des zones humides et de la biodiversité. Une réflexion globale a été conduite dans le cadre du Schéma Directeur d’Aménagement pour la Prévention des Inondations (SDAPI).

Il s’agit ici de respecter autant que faire ce peut le fonctionnement naturel des cours d’eau. Si au cours du siècle dernier la technicité a incité à des pratiques « interventionnistes » types chenalisation, curage, enrochement…, les résultats catastrophiques engendrés tendent à inverser strictement la tendance vers des pratiques « douces » respectueuses du fonctionnement des cours d’eau. Ainsi sont privilégiées les espaces de mobilités des cours d’eau, le reméandrage la végétalisation des berges….Ainsi, la politique de prévention des risques doit nécessairement être compatible avec la directive cadre Eau (DCE).

 

Recourir exceptionnellement  aux ouvrages de protection :

Il peut également être recherché dans certains cas une relative maîtrise des crues par des aménagements de rétention apportant une réduction significative des écoulements (niveau et volume des débordements) et donc du risque sur des secteurs à enjeux aval.

En dernier recours, la réduction du risque pour les populations venues s’installer par le passé en zone inondable passe, dans certaines situations et au delà de la nécessaire mise en place des Plans Communaux de Sauvegarde, par des digues de protection capables de contenir l’inondation et empêcher ainsi la venue des eaux jusqu’aux secteurs à enjeux pour des niveaux de crue déterminés. Parfois, un aménagement hydraulique localisé augmentant la capacité d’écoulement du cours d’eau dans une traversée urbaine peut constituer également une protection efficace.

Il s’agit ici de solutions exceptionnelles, coûteuses devant faire l’objet d’une analyse socioéconomique permettant de mesurer les gains attendus eu égard au coût d’investissement mais également de fonctionnement (entretien annuel des ouvrages). Par ailleurs la responsabilité des propriétaires et/ou gestionnaires de tels ouvrages a été renforcée ces dernières années notamment via le décret du 7 décembre 2007.     

 

Le Conseil général est propriétaire de 6 barrages départementaux à vocation principale d’écrêtement des crues pour 5 d'entre eux (c'est-à-dire que le barrage va réduire la dynamique de l’écoulement des pluies en amont, pour limiter le phénomène inondation en aval) et secondairement de soutien d’étiage par le biais d’un écoulement d’eau stockée en amont  : Sénéchas sur la Cèze, Sainte Cécile d'Andorge et Les Cambous sur le Gardon d'Alès, Conqueyrac, Ceyrac et La Rouvière sur le bassin du Vidourle. La construction des barrages départementaux a été décidée suite aux inondations importantes de 1958.

Depuis avril 2007, la gestion des barrages est assurée en régie (c'est-à-dire directement) par le Conseil général. Il assure l’exploitation et la maintenance, en période normale et en situation hydrométéorologique perturbée (crues, étiages), dans le respect des exigences réglementaires spécifiques et en veillant à une gestion durable et concertée de la ressource en eau.

En période d'équinoxes (printemps et automne), particulièrement propices aux situations hydrométéorologiques perturbées, des astreintes du personnel sont programmées, voir non programmées en cas d’événements inattendus.

Les barrages de Sainte Cécile d’Andorge et de Sénéchas sont considérés comme des grands barrages ,ayant à la fois une hauteur supérieure à 20 mètres et un volume de stockage supérieur à 15 millions dem3. Ils font l'objet de mesures de surveillance et d'alerte destinées à faciliter la protection des populations situées en aval et sont soumis à la réglementation des Plans Particuliers d'Intervention (PPI, décret n°2005-1158 du 13/09/2005).

Le PPI établit notamment les différents niveaux d'alerte (vigilance renforcée, préoccupations sérieuses, péril imminent) et définit les points de rassemblement des évacués en cas de crise. Le PPI de Sainte Cécile a été approuvé le 30 avril 2013, celui de Sénéchas est en cours de révision.

Télécharger la brochure du PPI de Sainte Cécile distribuée à la population concernée en septembre 2014.

 

 

 

Il existe différents types de barrages (poids, voûte, à contreforts…) réalisés en différents matériaux (béton, maçonnerie, remblai…) et équipés de différents organes d’évacuation : pertuis, déversoir, vidange de fond.

 - Leur rôle principal est l’écrêtement des crues : Le principe d’écrêtement d’une crue est de stocker une partie du volume de la crue, au moment de la pointe de débit. Les pertuis relâchent un débit limite en aval, l’eau est stockée dans la retenue. Quand la crue faiblit, le volume d’eau stocké est relâché progressivement afin de ramener la cote du barrage au niveau normal. Le barrage est alors à nouveau prêt à écrêter une crue suivante.

- L’implantation et le dimensionnement des barrages sont déterminés au mieux compte tenu des caractéristiques de la vallée. Toutefois, pour chaque barrage, le volume de stockage disponible étant limité, il est indispensable de prévoir un déversoir de sécurité permettant d’évacuer vers l’aval les débits lorsque les limites de stockage sont atteintes. Lors des fortes crues, des inondations sont donc toujours possibles en aval des barrages.

- Certains des barrages départementaux assurent également une fonction de soutien d’étiage : Sénéchas sur la Cèze, Sainte Cécile d’Andorge et Les Cambous sur le Gardon d’Alès et sont donc équipés d’une vanne de restitution. En période estivale, les débits faiblissent compromettant les principaux usages de l’eau (alimentation en eau potable, usages agricoles et industriels, tourisme) et nuisant à l’environnement aquatique. Les barrages sont donc utilisés pour assurer un soutien des débits, dits d’étiage, et la retenue d’eau permanente se vide alors progressivement.

Tous les ouvrages sont équipés de vidanges de fond permettant de vidanger complètement la retenue pour des inspections particulières ou nécessité de gestion mais il n’y a aucune manipulation de vanne ou de lâcher d’eau.

Présentation détaillée des barrages :

  •  Secteur Cèze 

Le barrage de Sénéchas (construit en 1977, 58 m de hauteur, 15 millions de m3 de capacité de stockage) est implanté sur la Cèze juste en aval de la confluence avec l’Homol, sur les communes du Chambon (Gard) et de Malbosc (Ardèche). Les principales communes bénéficiant de la régulation des débits par le barrage sont Bessèges et St Ambroix puis l’ensemble des communes riveraines de la Cèze en aval.

 barrage de Sénéchas (novembre 2008)

  •  Secteur Gardon d’Alès

Les barrages de Ste Cécile d’Andorge (1967, 42 m de haut, 14,8 millions de m3) et des Cambous (1955, 25 m de haut, 2,5 millions de m3) sont implantés sur le Gardon d’Alès. Les principales communes bénéficiant de la régulation des débits par ces barrages sont La Grand Combe et Alès. le barrage des Cambous n'est pas écrêteur de crues.

barrage Sainte-Cécile d'Andorge (novembre 2008)

barrage des Cambous (novembre 2008)
 

Barrage des Cambous

  •  Secteur Vidourle

Le barrage de Conqueyrac (1982, 17 m de haut, 12,4 millions de m3) est implanté sur le Vidourle, en aval de St Hippolyte du Fort. Le barrage de Ceyrac (1968, 16 m de haut, 6,3 millions de m3) est implanté sur le Rieumassel, affluent de la rive droite du Vidourle, sur la commune de Conqueyrac. Le barrage de La Rouvière (1971, 18 m de haut, 12,6 millions de m3) est implanté sur le Crieulon, affluent de la rive gauche du Vidourle, sur la commune de Bragassargues.

barrage de Conqueyrac

(septembre 2014)

barrage de Ceyrac

(septembre 2002)

barrage de La Rouvière

(septembre 2002)

Les principales communes bénéficiant de l’écrêtement des crues par ces barrages sont Sauve, Quissac, Sommières puis l’ensemble des communes riveraines du Vidourle en aval.

Les principales crues ont été observées en octobre 1977 pour le barrage de Sainte Cécile d’Andorge, novembre 2008 pour Sénéchas, septembre 2002 pour Ceyrac et La Rouvière et septembre 2014 pour Conqueyrac.

Télécharger le Panneau inond'actions "des Moyens pour se protéger"


Infos : préfécture Espace : documentation Liens : utiles